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title: La guerre des protocoles
date: 2020-11-30
author: raspbeguy
template: post
tags: tribune,protocole,web,xmpp,réseaux sociaux,xmpp,matrix
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J'ai hésité à appeler cet article "_Oh putain c'qu'il est blèèèème, mon HTML_" mais j'ai eu peur que Renaud vienne m'apprendre un jeu rigolo à grand coup de chaîne de vélo.
Voici un recueil de mes propres opinions qui ont lentement muri face à la mode de la réinvention de la roue. Attention, ce n'est pas un phénomène nouveau. Cependant je pense que la dernière décennie, qui a vu l'âge de la puberté d'Internet (car à mon avis Internet n'est toujours pas à l'âge adulte) a été l'occasion pour beaucoup de personnes de remettre en question des éléments essentiels de cet outil.
# La diversité c'est bien au niveau microscopique...
Qu'on se le dise : la diversité des technologies, c'est plutôt une bonne chose, en général. Cela permet de découper les piles technologiques en segments atomiques (une techno par tâche simple) et ainsi, si on n'est pas satisfait du résultat d'une techno, on la change, ou mieux, on la subdivise encore.
Prenons un exemple pratique : Hastagueule, comme la plupart des sites, est composé de 3 "briques" : un frontal, une application, un dépôt de données.
Il y a très longtemps, Apache2 s'occupait à la fois du frontal HTTP et de l'interpréteur pour l'application (Wordpress, en PHP). La pile était donc la suivante :
- Frontal (+ interpréteur application) : Apache2
- Application : Wordpress
- Dépôt de données : MySQL
Plus tard, j'ai scindé cette tâche : j'ai utilisé nginx pour faire frontal, et php-fpm pour l'interpréteur. Ensuite, j'ai changé de base de donnée en passant de MySQL à MariaDB. Plus récemment, j'ai décidé de me passer de Wordpress et de paccer à [PicoCMS](edito-11-refonte-en-profondeur) et du coup de me débarasser de la base de donnée en passant par des données en fichier texte brut, versionnées par git.
La nouvelle pile est devenue la suivante :
- Frontal : Nginx
- Interpréteur application : php-fpm
- Application : PicoCMS
- Dépôt de données : dossier versionné par git
Les briques ont pu la plupart du temps être changées sans altérer le résultat produit. Bien entendu, le changement d'application, lui, a été disruptif et a impliqué de changer le système de données également, mais cela était justement désiré.
# ... mais peut poser problème au niveau macroscopique !
On parle maintenant au niveau plus global qui est l'usage que l'on fait des piles de technologies.
Internet est un outil de communication. Des gens diffusent des contenus et se parlent entre eux. Comme dans la vie normale donc, il y a des codes, des conventions, des règles, des habitudes.
Pour que les gens gardent le fil de leur vie personnelle, ils ont tendance à adopter un nombre très limité d'outils pour s'informer et communiquer. La diversité sauvage et non coordonnée, à ce niveau, crée donc immanquablement un cloisonnement de groupes d'utilisateurs. À moins que des passerelles simples et attrayantes soient disponibles, les utilisateurs sont donc contraints à multiplier les outils pour leur survie numérique.
Chacun est libre d'utiliser ce qu'il veut, en particulier lorsqu'il est le seul impacté par ses choix. Mais avant de recréer un outil à destination d'utilisateurs finaux, il faut vraiment bien estimer la légitimité et les implications de cette action. En ce qui me concerne, une raison qui rend cette action légitime à coup sûr, c'est l'absence d'autres projets libres remplissant cette fonction.
## Gemini
[Gemini](https://gemini.circumlunar.space/) est l'élément déclencheur qui m'a amené à écrire cet article.
Au début des années 90, alors qu'Internet n'est utilisé que par une minorité d'universitaires boutonneux pour faire des truc d'intello, on voit naître à peu près simultanément au moins deux technologies de récupérer des informations navigables, sous formes d'index et de pages : HTTP en Europe, et Gopher en Amérique. Ces deux technologies vont se développer en parallèle et donner deux facettes de l'Internet navigable, celle d'HTTP sera appelée le Web. Après seulement quelques années, Gopher finit par se faire manger par HTTP pour être réduit à peau de chagrin.
Je ne vais pas taper sur Gopher. Ce protocole a au moins la légitimité d'être né en même temps que le web. Cependant, son déclin est en partie lié à son austérité.
# Navigation

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title: Microsoft, la France et données de santé
date: 2020-10-19
author: raspbeguy
template: post
tags: politique,france,sénat,pétition,gafam,souveraineté
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Vous vous souvenez quand le gouvernement maitrisait le sujet du numérique ? Moi non plus.
On pourrait débattre longtemps sur la décision du déploiement de la 5G. On le fera probablement, mais pas tout de suite. Là maintenant c'est à propos de santé que je vais vous parler. Et non, pas de rapport avec la COVID-19.
Le gouvernement travaille depuis un certain temps sur un projet qu'on appelle [la Platerforme de Données de Santé](https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/acces-aux-donnees-de-sante/article/plateforme-des-donnees-de-sante) (en anglais _Health Data Hub_). L'idée derrière tout ça est de centraliser et rationaliser les informations de santé de toute la France, ce qui passe entre autres par y mettre un petit coup d'intelligence artificielle.
Dans l'idée ça pourrait être une bonne idée, cela permettrai d'encadrer les décisions médicales, de faciliter la recherche et de suivre la santé de la population au niveau national. C'est d'ailleurs sur cette infrastructure que s'appuie l'outil StopCovid, dans les condition et l'absence de succès que nous connaissons.
C'est un projet ambitieux sans aucun doute. C'est à ce stade que la route devient glissante. En effet il était prévu, jusque tout récemment, que cette platerforme repose sur Microsoft Azure, donc des données américaines et une entreprise suhette à nombre controverses.
Plusieurs remarques doivent venir à l'esprit :
* **Lobbying** : L'État français ne respecte pas le procédé règlementaire pour ce projet, qui impose de passer par un cahier des charges et un appel d'offre publique.
* **Communication** : Par le choix d'une plateforme étrangère et non-européenne, l'État statue que la France et l'Europe n'ont pas la compétence pour assurer techniquement un tel projet.
* **Souveraineté numérique** : Les données seraient donc sous la juridiction américaine, donc non protégées par le RGPD et soumises à toutes sortes d'atrocités juridiques comme le Cloud Act et le Patriot Act, qui permettent en gros à l'État américain de faire ce qu'il veut avec ces données.
* **Vulnérabilité des données** : Rien ne permettrait de vérifier que Microsoft ne fait pas d'usage commercial de ces données.
* **Économie** : Encore une fuite d'argent publique vers un pays étranger qui n'en a pas besoin et sans véritable raison.
La décision avait provoqué un soulèvement tant au niveau des associations et organismes de protection de la vie numérique que de l'industrie hexagonale. Octave est [fou de rage](https://twitter.com/olesovhcom/status/1267510178108375040). [Une pétition au Sénat](https://petitions.senat.fr/initiatives/i-455) a été lancée. Des sourcils ont été froncés.
Il semblerait que la polémique ait porté quelques fruits et que l'État envisage [un rétropédalage](https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/health-data-hub-et-protection-de-donnees-personnelles-des-precautions-doivent-etre-prises-dans-l-attente-d-une-solution-perenne).
On a donc l'air de s'éloigner du ravin, mais on a bel et bien senti le vent du boulet. Vous pouvez toujours [signer la pétition](https://petitions.senat.fr/initiatives/i-455), juste au cas où.